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lundi 11 juin 2012

AL de juin est en vente (mais pas en kiosque) !

Edito

Pleins Feux
- Recomposition : droite et extrême droite à l’assaut des villes
- Identitaires : la ville rose saigne
- Grèce : police raciste de proximité
- Francfort : répression pour les anti-austérité

Luttes
- Groupe Louvre Hôtels : unité dans la grève, unité dans la victoire

Syndicalisme
Dico anticapitaliste : qu’est-ce que le communisme libertaire ?
- Enseignement secondaire : le Snes englué dans le dialogue social  
Les chroniques du travail aliéné : « Je ne sais pas ce qui se trame »

International
- Loi matraque au Québec : le gouvernement panique

Antipatriarcat

Encart central : le programme de la Foire à l’Autogestion

Écologie
- Gisement d’Elgin de Total : une tragique fuite en avant
- Ecosystème menacé : le marchand de sable passe, la dune trépasse
- Nucléaire : sabotons la ligne THT !

Idées
- Entretien avec Grégory Chambat : « une école du peuple »
- Colloque sur la laïcité : un combat encore d’actualité

Histoire
- Il y a 30 ans : Juin 1982 - la gauche au pouvoir se convertit à la « rigueur »

Culture
- Extrême droite : "Comprendre l’Empire, le cas Alain Soral
- Théâtre : Hôtel Palestine de Falk Richter,mise en scène JC Fall
- Education : Apprendre à désobéir de G Chambat et L Biberfeld
Les Classiques de la subversion : Angela Davis Femme, race et classe


Il n'est pas en kiosque mais on peut tout de même le trouver dans les librairies suivantes :
L’Odeur du temps 35 rue Pavillon Marseille 1
Librairie de l'Arbre 38 rue des 3 mages Marseille 6

Le changement ? Imposons-le !

Sarkozy a dégagé, ce qui suscite beaucoup d’espoir au sein des classes populaires. Pourtant dès le soir de son élection, Hollande commençait à souffler que compte tenu de la conjoncture économique, il allait falloir être “réaliste”. La crise économique en cours va donc rapidement nous mener à l’heure de vérité : austérité de gauche ou changement réel ?

Le changement, c’est pour quand ?
Il n’y avait déjà pas beaucoup d’engagements dans le programme de Hollande. Il a beaucoup parlé de justice et d’éducation mais souvent en termes flous. Or à peine son gouvernement nommé, il entend déjà revenir sur ses engagements concernant la retraite à 60 ans. Il s’agissait déjà d’une demi-mesure ne revenant pas sur la « décote », instaurée par l’UMP, qui diminue les pensions des salarié-e-s ayant moins de 41 annuités de cotisation. Aujourd’hui Hollande entend en plus ne pas prendre en compte les périodes de chômage et de congé maternité dans le calcul de ces annuités. Autre engagement phare : le non-cumul des mandats. Au final, il se restreint aux mandats de maires ou d’adjoints municipaux. Ouf ! Les notables du PS vont pouvoir conserver leurs postes et les indemnités qui vont avec. De même, quand Hollande annonce « les troupes françaises quitteront l’Afghanistan », il faut comprendre « 1550 militaires sur les 3550 présents resteront sur place ».
Austérité : on résiste ou on se soumet !
Au-delà de ça, il faut que nous restions lucides sur ce qui se prépare. Les patrons sont en train de ressortir les plans sociaux reportés pendant la campagne présidentielle. Air France prévoit 5000 suppressions de poste, Carrefour 4000, PSA 6000, sans compter les innombrables emplois menacés dans les filiales de ces grands groupes. Que vont faire les socialistes face à ces licenciements ? S’opposer franchement au pouvoir patronal ? Ou déclarer que « l’Etat ne peut pas tout » et laisser faire, comme Jospin lors de la fermeture de Renault Vilvorde en 1997 ?
Les marchés financiers semblent en tout cas avoir un avis sur la question : ils ont tout à fait imaginé l’élection de Hollande et parient qu’il va se plier à leurs exigences, ou mieux, qu’il va nous dorer la pilule. De fait, l’exemple de la démission forcée de Papandréou en Grèce, après que celui-ci ait osé proposer un referendum sur les plans d’austérité, montre que les marchés et les technocrates européens à leur service n’hésitent pas à mettre la pression aux gouvernements qui sortiraient des clous. La demi-austérité n’est donc pas possible : soit on rompt avec celle-ci, soit on l’organise.
Mettons la pression !
Le futur n’est pas écrit. Ce qui sera déterminant pour inventer une autre société, ce seront les résistances que nous pourrons opposer aux licenciements et aux politiques d’austérité. Et c’est sans attendre qu’il faut construire ces résistances. Le gouvernement Hollande va vite être mis face à ses contradictions et il faut dès maintenant lui mettre la pression, sans être indulgent-es avec les demi-mesures qu’il propose. Dans tous les cas, ce gouvernement n’est qu’une transition. Soit il capitule face aux exigences des patrons, des banquiers et des technocrates européens et alors il ouvre la voie à la droite et à l’extrême-droite. Soit nous parvenons à imposer nos revendications et alors il faudra pousser plus loin dans la rupture avec les politiques d’austérité : remettre en cause la direction de l’économie par les patrons et les financiers en bloquant les dividendes et en imposant un droit de véto des travailleur-se-s sur les licenciements, développer les services publics et les mettre sous contrôle des usager-e-s, ouvrir les frontières à la circulation des personnes et non seulement des marchandises. Bref, faire émerger une alternative au capitalisme.